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  • Lisa Otjacques

L'appel à lettres, Acte II - La vague

Dernière mise à jour : 29 nov. 2021


Pendant le confinement j'ai établi un lien entre inconnus grâce à cette lettre destinée à tous les confinés. Sans le savoir, elle m'a sauvée. Sauvée d'un ennui profond, de questions existentielles, d'une dépression peut-être. Elle m'a redonné envie d'écrire, de rencontrer, de lire, d'écouter, de fédérer.


Ma vie n'est plus la même que celle de mars 2020, comme pour beaucoup. Réorientation, nouveaux rituels, adaptation. La vie a repris son cours, tout en étant profondément changée. Et puis je repense à cette période si proche et si loin.


Me voyant sur mon canapé à réfléchir à tout cela, ma colocataire me dit : "Et si tu reprenais Chers inconnus ?" Je suis alors passée de la nostalgie à la joie en une fraction de seconde. Mais oui, Charlotte a raison. J'ai envie de recréer ce lien qui m'a apporté tant de bonheur. J'ai envie de savoir ce qu'ils sont devenus, j'ai envie d'en rencontrer de nouveaux, des chers inconnus.


©Lisa Lesourd


" Je m’endors et je sursaute. Comme si une vague fraîche me sautait au visage. "


Chers inconnus,


Actuellement en pyjama sur mon canapé, je regarde les passants défiler.


C’est l’automne, les arbres sont oranges, marrons ou verts foncés pour les retardataires. Les chiens baladent leurs maîtres. Quand je ne suis pas en pyjama sur mon canapé, je cours pour aller prendre mon RER. Je croise tous ces gens, ces inconnus qui sortent en masse de la station puis s’éparpillent dans les rues de la ville. Les silhouettes disparaissent derrière des grands bâtiments. Je regarde les grandes vitres sans tain qui reflètent le mien et ont aspiré tous les autres.


Chers inconnus, où êtes-vous ? J’ai envie d’avoir de vos nouvelles. Êtes-vous heureux dans votre vie ? Le soir, je suis saisie par un moment de panique : et si je ne me réveillais pas demain matin ? Je m’endors et je sursaute. Comme si une vague fraîche me sautait au visage. Pourquoi devrais-je toujours avoir peur ? Et si je me laissais porter par cette vague, que je surfais dessus, que je n’avais pas peur d’elle mais qu’elle devenait une complice. Vous aussi vous la sentez ?


À part ça, tout va bien.


On communique désormais plus en ligne que dans la réalité. Quand un inconnu ou une inconnue me dit bonjour en vrai, je sursaute.


Ça me fait le même effet que la vague.


Chers inconnus, vous êtes sûrs que vous allez m'écrire ?


Lisa Otjacques


 

Cette lettre attend ses réponses écrites et/ou audio.


Répondez-moi à chersinconnus@gmail.com






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